Le Jura Agricole et Rural
Le prix du foncier tiré par l'économie
Assemblée générale de la Safer de Franche-Comté
Jura agricole et rural
Publié le:  26 juin 2008
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«L'économie agricole pilote à nouveau le marché agricole», a analysé André Thevenot

Le récent boom du prix des denrées agricoles et du bois a déjà des répercussions sur le marché foncier : le prix de la terre agricole a ainsi progressé de 4% en Franche-Comté en 2007. L’artificialisation se poursuit au rythme effrayant de plus de 1 000 ha par an

Avec la réapparition de l’enjeu de la sécurité alimentaire, l’agriculture retrouve toute sa place en termes de stratégie nationale, et doit aussi répondre à la grande question du climat , constate le président André Thevenot dans son introduction à l’assemblée générale de la Safer de Franche-Comté. « L’économie agricole pilote à nouveau le marché foncier agricole», notait pour ça part le directeur M. de Villemereuil. « Pour la deuxième année consécutive, le prix de la terre agricole et des forêts bénéficie de la hausse des revenus agricoles et du prix du bois. Toutefois la hausse du prix des céréales de fin 2007 n’a pas encore produit tous ses effets. Elle devrait continuer à pousser vers le haut le prix des terres de culture. Dans les régions d’élevage, notamment quand celui-ci est fortement dépendant de l’achat d’aliment pour le bétail, les perspectives sont plus incertaines. »
 
1 000 ha de moins qu’en 2006
Reste que la Franche-Comté demeure une des régions dans lesquelles le prix du foncier hors bâti est le plus bas de France (2 730 euros contre 4 900 euros de moyenne nationale). Et la France reste parmi les pays européens celui où la terre est la plus accessible, financièrement parlant, loin par exemple derrière l’Italie à 15 000 euros.
En 2007, le marché agricole franc-comtois a diminué en volume de 8,5%, ce qui correspond à 1 000 ha en moins de terres et prés mis en vente. Le marché de l’espace résidentiel et de loisir représente 9,6% des surfaces vendues, mais 40% de la valeur. Le marché des espaces artificialisés reste stable et représente 8% des surfaces, soit 1 066 ha sur l’ensemble de la région. « Par rapport à 2006, les non-agriculteurs sont un peu moins présent sur le marché du foncier, précise le directeur. Mais la pression foncière est toujours présente et inégale, entre les agriculteurs, entre agriculteurs et autres utilisateurs de l’espace rural (particuliers, collectivités, loisirs…) ».
 
Témoin de cette concurrence, le nombre moyen de candidats lors des rétrocessions de la Safer : 4,6 en moyenne pour des installations, 5,8 pour des agrandissements, 5,5 pour des remaniements parcellaires… Même si ces moyennes ne reflètent pas la forte disparité entre les quatre départements. C’est en Haute-Saône que cette concurrence est la plus vive, avec près de 7 candidats Safer pour une installation. Côté forêt, le marché franc-comtois enregistre une forte augmentation en surface (+21%)et en valeur (+53%) malgré une diminution de 27% du nombre de transactions – conséquence de la fin de l’opération de regroupement parcellaire forestier. « L’évolution du prix du bois tire à la hausse et les valeurs sont revenues au niveau d’avant la tempête de 1999.»
 
Ressources en forte diminution
Pour la Safer de Franche-Comté, 2007 a été une année de transition, marquée par la forte diminution des ressources (-516 K?), et en particulier des subventions. Pour y faire face, les dirigeants ont réduit les charges de structures, dont les charges de personnel représentent la plus grande part. « Le résultat courant avant impôts est quasi à l’équilibre, grâce à une forte mobilisation du personnel pour s’adapter à la baisse des financements publics. », assure le directeur.
 
En terme d’activité, on peut noter une importante baisse des acquisitions (267 actes contre 688 en 2006), liée en grande partie à la fin de l’opération de regroupement du parcellaire forestier, mais aussi à la réduction du nombre d’actes en matière de parcellaire agricole. Le taux de prise de marché en surface de la Safer de Franche-Comté sur le marché accessible passe de 43,2% en 2006 à 35,9% : un ratio qui reste élevé comparé à la moyenne nationale. Les acquisitions amiables restent la règle, avec des préemptions qui représentent seulement 1% des acquisitions en surface.
 Les rétrocessions ont représenté 2 192 ha, en baisse également par rapport à 2006. 30% de ces rétrocessions ont été effectuées en faveur de l’installation, 42,5% si l’on exclut les surfaces boisées. L’agrandissement des exploitations représente 278 ha, et le remaniement parcellaire 4% des surfaces.


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