Le Jura Agricole et Rural
L'exploitation en phase avec le marché
Frédéric Blanchard (Isère)
Jura agricole et rural
Publié le:  17 juillet 2008
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Frédéric Blanchard (Isère), producteur de fromages de chèvres et vice-président de la Fnec

Installé à Chozeau, dans le nord de l’Isère, Frédéric Blanchard transforme en fromages de chèvre l’intégralité de sa production laitière.

En 1993, rien ne prédisposait Frédéric Blanchard, Parisien d’origine, à s’installer en production caprine. « Avec mon épouse, tous deux ingénieurs agronomes, nous souhaitions être à notre compte. En Rhône-Alpes, le potentiel nous semblait intéressant et nous avons recherché une exploitation à reprendre. Parmi nos critères, nous avions fixé un impératif : être à une heure de voiture de Lyon ». Aujourd’hui, le couple gère un troupeau de 90 chèvres de race alpine. L’exploitation, dont le chiffre d’affaires est de 200 000 euros hors taxes, emploie également trois salariés à temps complet.

Les 120 000 litres de lait produits par le troupeau sont intégralement transformés en fromages. « Nous avons désormais une gamme très variée pour répondre à toutes les demandes ». Les deux tiers de la production fromagère sont vendus à une dizaine de grandes surfaces du secteur, des crémiers spécialisés et des petits commerces. « Le tiers restant est vendu par nos soins à la ferme. Tous les week-ends, cinquante à soixante personnes viennent dans notre magasin. Nous ne faisons aucun marché ». Pour alimenter les commerces et les particuliers, il faut produire toute l’année. L e désaisonnement a été très étudié. « Nous avons à présent deux saisons de mise-bas, en août et en mars. Pas d’éponges. Nous utilisons l’effet bouc et la méthode lumineuse ».

Satisfaire le consommateur
A la ferme du Chêne, toute la conduite de l’exploitation est orchestrée de façon à satisfaire le consommateur. Ainsi, afin d’éviter le traitement hormonal, l’insémination est pratiquée sur chaleurs naturelles. « 30 % des inséminations, sur la base des femelles mises à la reproduction, sont pratiquées avec Gènes+ (Capgène). Cela permet d’avoir le troupeau indexé et de contribuer au progrès génétique ». C’est pour le consommateur encore que Frédéric Blanchard cultive ses ferments indigènes. « Cela fait partie de la typicité de nos fromages, d’ailleurs tous travaillés au lait cru ». Le producteur isérois est convaincu que la production fermière crée un lien privilégié avec le grand public.

« Les consommateurs se posent de nombreuses questions sur leur alimentation et sur les produits. Ils s’intéressent aussi fortement à nos méthodes de travail. Les week-ends et nos journées « portes ouvertes » sont autant d’occasions de renforcer l’image de l’agriculture », souligne Frédéric Blanchard.


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