Je loue des terres par bail à ferme depuis 1991. Je viens de recevoir un congé pour reprise donné par mon bailleur. Le bénéficiaire de la reprise est son fils. Je doute pourtant de l’aptitude de ce dernier à reprendre la propriété. Il n’a en effet, à ma connaissance, jamais suivi d’études agricoles ni d’ailleurs travaillé dans l’agriculture. J’ai essayé de rencontrer mon bailleur mais il ne veut pas discuter de sa décision. Je souhaiterais contester le congé mais saisir un tribunal n’est pas une décision facile à prendre. Je sais que les conflits relatifs aux terres sont réglés par des juges spéciaux. Pourriez-vous m’informer sur le rôle précis de ces juges et le mode de fonctionnement de leur tribunal ?
Pour saisir le tribunal, il faut adresser sa demande par lettre recommandée avec accusé de réception ou par acte d’huissier de justice au greffe du tribunal d’instance (secrétariat du tribunal). Certaines demandes devant toutefois être publiées au fichier immobilier, elles doivent être délivrées nécessairement par acte d’huissier de justice (situation, par exemple, des annulations de vente concernant l’exercice du droit de préemption). Ce courrier doit au moins préciser les noms et qualités des parties, leurs adresses et les motifs de la requête. Le greffier convoquera alors les parties par lettre recommandée.
Le tribunal paritaire tentera préalablement de concilier les parties. Cette démarche est obligatoire. Si un accord est trouvé, il en sera dressé procès-verbal signé par le juge et les parties. Le litige est alors résolu. Les extraits du procès-verbal valent titre exécutoire. A défaut, l’affaire sera renvoyée pour un jugement au fond. Les parties sont tenues de comparaître en personne (sauf en cas de motif légitime telle une maladie). Elles peuvent se présenter seule ou se faire assister d’un membre de leur famille, d’un avocat, d’un huissier de justice, d’un membre ou d’un salarié d’une organisation professionnelle agricole. Si une assistance n’est pas obligatoire devant le tribunal paritaire, il est toutefois conseillé de se faire aider. Une aide juridictionnelle peut être accordée aux personnes dont les ressources sont insuffisantes pour faire valoir leurs droits en justice. La demande doit en être faite au bureau d’aide juridictionnelle établi au siège du tribunal de grande instance.
Le preneur comme le bailleur doivent toutefois en toutes circonstances privilégier une attitude qui donne une chance au règlement du conflit, à défaut l’un comme l’autre s’expose au risque d’être déboutés de leurs demandes devant les juges paritaires. L’information voire une formation sur le statut du fermage permettrait d’éviter bon nombre d’antagonismes. Les fermiers et bailleurs ne pensent pas toujours à se former pour savoir quels sont leurs droits et leurs obligations dans les baux contractés et surtout lors de l’installation. Les différents conseillers juridiques ne sont malheureusement appelés que lorsque les problèmes sont arrivés. Dans cette situation, les tribunaux paritaires demeurent indispensables et irremplaçables.
NB : Il est notamment possible de trouver des solutions grâce aux informations publiées dans le Journal du fermier et métayer, mensuel d’informations rurales.
Selon vous, la crise financière actuelle aura-t-elle un impact sur l'agriculture ?





