|
Miscanthus, switchgrass, taillis à courte rotation… Les cultures énergétiques ouvrent la voie à de nouvelles valorisations, mais il faudra d’abord approfondir un certain nombre de questions agronomiques, techniques et économiques |
La chambre d’agriculture de Bourgogne, en partenariat technique avec l’Ademe, a organisé une journée d’échanges sur les perspectives de développement des cultures énergétiques en Bourgogne et Franche-Comté. Une journée pour envisager de nouvelles valorisations et de nouveaux débouchés pour des cultures étroitement liées au développement local et rural.
C’est une forte conjonction que l’organisation par la Chambre régionale d’agriculture de cette journée sur les cultures énergétiques, alors que se tenaient aussi les Assises des territoires ruraux. Gilles Abry, vice-président de la Chambre régionale d’agriculture, en clôturant les travaux n’a pas manqué de le faire remarquer : « ces nouvelles cultures et leurs développements industriels sont appelés à devenir un élément majeur de l’animation des territoires ruraux ».
Le développement de cultures non alimentaires pour produire de l’énergie est devenu un enjeu de compétitivité et un moteur de la dynamique de territoire dans de nombreuses régions.
Les témoignages ont montré que chacun avance à son rythme, mais que les approches convergent dans une même volonté de maîtriser et de conserver la plus value escomptée pour les productions locales.
Reconversion, diversification et dynamique rurale
Les initiatives qui se développent tous azimuts montrent que les débouchés sont multiples, mais s’orientent le plus souvent vers la fabrication de pellets. La reconversion des régions betteravières en Bourgogne et Franche-Comté, suite à la fermeture de la sucrerie d’Aiserey en Côte-d’Or, a été ainsi un élément déclencheur pour mettre en place de nouvelles filières à partir de cultures énergétiques combustibles.
Le Programme de restructuration national sucre (PRN sucre), soutenu par les fonds européens du Feaga, a permis d’aller plus loin.
C’est ce choix qu’Étienne Genest, directeur de Bourgogne pellets, est venu exposer. La coopérative « née sur les cendres de la Secopulp de Bourgogne » a réorienté l’outil de production vers la déshydratation, l’agglomération et le stockage des pellets issus des cultures de miscanthus et de switchgrass, implantées par les 350 agriculteurs adhérents, en Côte-d’Or, dans le Jura et en Saône-et-Loire.
Avec un seuil de rentabilité de l’activité industrielle évalué à la production d’un millier d’hectares, la centaine d’hectares en production en 2009, passera à 450 ha en 2010, qui devront être augmentés chaque année de 150 à 300 ha.
C’est à la fois « une aventure » et un pari environnemental, que de développer une activité locale dans un rayon de 50 kms maximum, sur des débouchés identifiés mais commercialement immatures. La coopérative s’est déjà engagée sur un prix producteur à la tonne de matière sèche, mais souhaiterait « que ce type de culture soit mieux encouragé et aidé ».
Les perspectives de marchés sont intéressantes, reste à les explorer afin « de mettre en place une filière régionale durable qui permette de valoriser localement ces productions et d’enclencher une dynamique économique génératrice d’emplois ».
Même volonté exprimée par Dominique Garnaud, directeur de la SCA de la Haute-Seine à Baigneux-les-Juifs (21). La coopérative a opté depuis trois ans pour le miscanthus et lancé plusieurs expérimentations.
La production de luzerne déshydratée comme celle granulés bois et de granulés de miscanthus, participent d’une même volonté de « maîtriser le coût de l’énergie, de valoriser des cultures diversifiées sur de petites surfaces (maïs, luzerne, légumineuses, cipan – cultures intermédiaires pièges à nitrates) et de produire de l’énergie ».
La SCA explore de nouvelles possibilités d’utilisation du miscanthus ; elle travaille également sur un projet de méthanisation utilisant les tonnes de fumier pailleux d’un secteur essentiellement agricole. Avec comme objectif principal de satisfaire ses adhérents et de participer à l’animation du territoire en préservant les emplois de proximité et en valorisant les ressources locales.
Quelques points techniques à considérer
D’autres contributions ont soulevé des points techniques, comme la bonne intégration de ces cultures énergétiques dans un projet de territoire. Denis Roycourt, vice-président de la communauté de communes de l’Auxerrois (89) a présenté les actions en cours sur la plaine du Sauce -Yonne.
Trois solutions sont mises en place pour résoudre – difficilement - le problème de la vulnérabilité des eaux souterraines : l’enherbement des zones de captage, le développement des cultures bio et la mise en place de cultures énergétiques.
Avec l’objectif de préserver 1800 hectares. L’agglomération a aussi décidé de réorienter son système de cogénération à partir du gaz vers la production de chaleur à partir de la biomasse. Le contexte agronomique n’a laissé que peu de choix, le switchgrass s’est imposé « comme le seul candidat potentiel ».
Des essais de plantation sont en cours et la construction d’une filière locale est à l’étude. Toutefois beaucoup de questions restent encore en suspens comme la capacité de combustion du switchgrass, la composition et la maîtrise des rejets de fumées, la gestion des volumes et de la circulation des camions qui devront approvisionner le site.
À la FDCuma de la Nièvre, Étienne Bourgy, chargé de mission, s’est justement intéressé à la combustion et aux matériels existants sur le marché. Après une visite chez les principaux constructeurs autrichiens, une question s’impose : « Tous les agro-combustibles brûlent, mais brûlent-ils tous proprement ? »
Les fabricants se heurtent aux mêmes constantes qui altèrent l’efficacité énergétique et peuvent diminuer la durée de vie des équipements : la production de mâchefers (vitrification), la présence de condensats corrosifs (à + 300°) et de poussières de combustion.
Nouvelles énergies et nouvelles valorisations
Autant d’éléments qui doivent être pris en compte dans l’élaboration d’un projet de production de chaleur ou d’énergie. La combustion des agro-combustibles est complexe : il faut trouver des solutions permettant de limiter le taux d’émission de poussières, dimensionner la chaudière en fonction du type de combustible choisi et rester attentifs aux nouvelles normes sur les rejets de fumée qui se préparent du côté de l’Autriche, pays précurseur en matière d’énergies renouvelables.
En conclusion, Gilles Abry a souligné l’importance de « ces nouvelles valorisations, appelées à devenir de nouvelles richesses et des alliés en matière de protection de l’environnement ». En restant toutefois particulièrement attentif aux aspects législatifs et réglementaires qui s’y rattachent.
Vous avez la Carte Moisson. Vous l'avez utilisée :
- 06 mars - 26 septembre 2010
Exposition à l'Écomusée - 16 - 17 mars 2010
Formation à la conduite économique - 27 mars 2010
Départemental montbéliard - 11 - 13 juin 2010
3 éme Saint-Hip'aux cactus - 27 juin 2010
Mado fait son show



