Les maïs n’auront jamais été semés aussi tôt qu’en 2009. Bien sûr, ce sont les sols les plus filtrants qui ont été les plus concernés par des semis très précoces. Mais en 2009, même les limons ont vu globalement une avancée significative des dates de semis.
Les semis précoces ont permis une meilleure tolérance des cultures en sec face au déficit hydrique majeur de l’été 2009.
En culture irriguée, l’arrêt des irrigations a été avancé d’environ 10 jours. Dans tous les cas, une grande partie des niveaux d’humidité bas à la récolte et donc une baisse des frais de séchage a été la conséquence de ces semis anticipés.
Ce qui a été possible en 2009 ne le sera peut-être pas cette campagne 2010. Il n’en demeure pas moins que le semis précoce doit être un objectif prioritaire pour les producteurs de maïs grain.
Les avantages du semis précoces
Ils sont nombreux et bien connus :
- avancée des dates de récolte et niveau d’humidité à la récolte plus bas,
- économie de frais de séchage,
- possible économie d’eau, en bouclant le cycle avant la fin de la période estivale,
- qualité sanitaire préservée,
- intégrité de la structure du sol.
En revanche, les semis précoces exposent la culture aux attaques de taupins et d’oscinies dans les secteurs à risque (rotations fourragères, milieux frais).
De même, en semis précoce, la maîtrise des adventices est plus délicate compte tenu d’une levée échelonnée plus importante mettant à mal la persistance des herbicides.
Une contradiction
Il est habituel de penser que la culture de maïs exige une continuité de croissance et de développement sans à coup pour exprimer son potentiel maximum. Cette affirmation a longtemps retenu les producteurs vis-à-vis du semis précoce.
Aujourd’hui, on considère qu’une culture, même si elle subit quelques à coup de végétation, n’est pas handicapée dans la réalisation du potentiel. Les nombreux avantages du semis précoce l’emportent sur le risque de stagnation lié au froid printanier.
Qu’appelle-t-on semis précoce ?
Dans notre région, on va considérer comme semis précoce, des semis qui ont lieu 10 à 15 jours avant la date habituelle. Par exemple, un semis de fin mars pour les graviers de la plaine de Lyon est considéré comme très précoce par rapport à une date habituelle de semis autour du 15 avril.
De même un semis du 10 avril en limons battants de Bresse ou de Dombes est considéré comme très précoce. La notion de semis précoce est donc très liée à la région de production et au type de sol.
Deux milieux différents : graviers et limons
La possibilité de semer tôt, voire très tôt, est fonction du type de sol. Les sols filtrants, graviers ou sables, se réchauffent vite. Les graviers possèdent en plus une réserve potentielle de chaleur cumulée s’il y a eu des journées ensoleillées, favorable à la culture en cas de retour d’un temps défavorable.
Les sols de sables ou de graviers se ressuient vite après un épisode pluvieux. Ils sont l’exemple type des contextes où le semis précoce et très précoce est facile à mettre en œuvre et pratiquement sans risque. Malgré tout, dans ces situations, deux années sur dix, les levées des semis précoces peuvent être très lentes, au-delà de 20 jours et souvent entraîner une baisse de la densité, -10 000 à -20 000 plantes/ha.
Le semis très précoce apportera alors une humidité à la récolte plus faible mais pas forcément un rendement plus élevé.
Les limons battants sont à l’opposé des sols filtrants. Le risque est celui d’une pluie forte après le semis entraînant une croûte de battance empêchant la levée : c’est le problème majeur des semis précoces dans ces milieux. Tout peut être compromis si la levée n’est pas rapide !
Date de semis suivant les régions
La réussite de la levée est essentielle dans l’expression du potentiel de la culture. La durée de la levée est le critère qui va déterminer cet enjeu.
On considère qu’une levée de maïs au-delà de 20 jours est une prise de risque par rapport au potentiel de la culture. Plus le semis est précoce plus la levée est lente. Il faut 80 °C en cumul de températures en base 6 pour que le maïs lève.
Le tableau dans notre édition papier donne le nombre de jours nécessaire à la levée pour différents bassins de production, différentes dates de semis et suivant le contexte de l’année.
Si l’on considère qu’une levée en plus de 20 jours est une prise de risque notable pour la culture de maïs, l’analyse des données météorologiques montre que dans la majorité des cas les semis précoces sont possibles avec un minimum de risque :
- dès le début avril pour la plaine de Valence et Chabeuil en sol de gravier.
- dès le 10 avril pour les plaines de Lyon et de l’Ain, la Bièvre « ouest », la Valloire, le Bugey (gravier).
- dès le 15 avril pour la plaine de Dijon, le Val de Saône Sud et la Dombes côtière, le Bugey (limon sain).
- dès le 25 avril pour la plaine du Finage, la Bresse, le Bugey (limon battant), la Bièvre « est » et les Terres froides du Bas Dauphiné.
Les pratiques habituelles de semis des producteurs de maïs grain sont en accord avec ce que nous indiquent les données météorologiques.
Sur les sols de graviers, le semis très précoce de fin mars sur la Drôme, début avril sur les plaines de Lyon et de l’Ain est possible avec une prise de risque modérée lorsque le problème taupin est absent ou traité.
Au-delà de ces bassins de production, la décision de semer très précocement est plus difficile à prendre. Elle dépend totalement du contexte de l’année.
La précocification des semis est un objectif que tout maïsiculteur producteur de grain doit s’assigner.
Mais cette précocification n’a pas la même signification et ne présente pas le même risque si l’on se trouve en gravier ou en limon battant. Précocifier un semis en Bresse ou en Dombes ne peut se faire que si le contexte est extrêmement favorable, hiver sec, mois de mars doux et début avril tempéré avec une espérance de levée rapide dans les 8 jours !
Pour la campagne en cours, deux éléments permettent de donner une tendance :
- la pluie : depuis le 1er janvier, elle est inférieure à celle observée sur la même période en 2009, de 15 à 60 mm en moins suivant les postes météo.
- Le cumul de température est, en revanche, très inférieur à celui observé l’année dernière, l’hiver est froid cette année : de 0 à 40 °C degrés cumulés cette année contre 100 à 140 l’année dernière. En conséquence les sols sont froids !
En 2010, la situation est moins favorable pour des implantations vraiment très précoces, de mi-mars comme certains semis de l’année dernière. Mais rien n’est joué pour les semis d’avril !
La FRSEA Franche-Comté ainsi que 11 autres régions ont manifesté à Paris le 27 avril pour défendre les grandes cultures. Parmi les revendications suivantes, laquelle vous semble la plus importante :
- 06 mars - 26 septembre 2010
Exposition à l'Écomusée



