Des planteurs amers
Syndicat betteravier du Centre Est
Jura agricole et rural
Publié le: 26 juin 2008
Page 4
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Les planteurs ont exprimé leur amertume |
Ambiance surréaliste ce 17 juin à Brazey-en-Plaine, devant une assemblée de planteurs à peine moins nombreux qu'à l'accoutumée. Les résultats de la campagne betteravière sont passés en revue : rendement, richesse, maladies,etc. Quelques mots sur la réforme sucrière... Il faut bien clore définitivement le dossier de la sucrerie d'Aiserey et rendre compte des activités du syndicat betteravier.
Cette assemblée générale, sans doute la dernière du genre – le syndicat maintenant une activité réduite, sans animateur, pour solder les affaires courantes et permettre une représentativité des planteurs dans le dossier de réindustrialisation du bassin betteravier–, cette assemblée a été l'occasion de «dire les choses». Un représentant de Cristal Union, Bruno Labilloy, directeur agricole, était dans la salle. Les propos restent dans les limites exigées par la courtoisie mais sont particulièrement fermes. Les planteurs regrettent essentiellement le manque de dialogue avec les responsables professionnels de Cristal Union qui n'ont jamais provoqué de réunion avec les producteurs. Ce manque de considération échauffe les esprits. «On n’est pas du bétail mais des hommes !» lance un agriculteur. «À chaque fois, la tentative des planteurs pour participer au capital d'Aiserey a été repoussée. Nous avons été trahis de toute part mais il faut maintenant se tourner vers l'avenir et investir pour un peu de valeur ajoutée dans nos exploitations», pense M. Belleville, ancien président du Syndicat betteravier. Autre inquiétude : la vente du matériel betteravier a son juste prix, voir même à sa valeur résiduelle, est quasi impossible. «Nous avons des propositions qui n'atteignent même pas le prix de la ferraille !»
Investir dans un cadre coopératif
Le directeur agricole de Cristal Union, n’a pas voulu refaire l'histoire : «Nous avons négocié et signé un accord sur le processus d'indemnisation avec vos représentants. Nous mesurons vos difficultés mais je peux vous assurer que la fermeture d’Aiserey n’entre pas dans le programme de restructuration du groupe Cristal Union, déjà réalisé depuis 2000, mais qu'elle est la conséquence directe de la réforme sucrière. On nous demande de baisser la production, nous avons pris la décision de nous couper une main pour permettre au groupe de maintenir ses activités. Cristal Union a toujours voulu asseoir son développement sur l'engagement des planteurs dans un cadre coopératif », reconnaît le représentant de Cristal Union. Et de préciser : «Quant au rachat du quota additionnel d’Aiserey par Cristal Union, il n'ira pas à nos planteurs mais retourne à Bruxelles».
Le directeur agricole de Cristal Union, n’a pas voulu refaire l'histoire : «Nous avons négocié et signé un accord sur le processus d'indemnisation avec vos représentants. Nous mesurons vos difficultés mais je peux vous assurer que la fermeture d’Aiserey n’entre pas dans le programme de restructuration du groupe Cristal Union, déjà réalisé depuis 2000, mais qu'elle est la conséquence directe de la réforme sucrière. On nous demande de baisser la production, nous avons pris la décision de nous couper une main pour permettre au groupe de maintenir ses activités. Cristal Union a toujours voulu asseoir son développement sur l'engagement des planteurs dans un cadre coopératif », reconnaît le représentant de Cristal Union. Et de préciser : «Quant au rachat du quota additionnel d’Aiserey par Cristal Union, il n'ira pas à nos planteurs mais retourne à Bruxelles».
Même avec de bons ratios économiques la sucrerie d’Aiserey ne faisait pas le poids en terme de volume fasse aux autres usines du groupe. Pour Frédéric Legrand, président du syndicat betteravier, le message est clair : «les coopérateurs du groupe ont été préservés...» Et d’en tirer les conséquences : « Il vaut mieux investir dans nos usines ici, préparer l’avenir dans un cadre coopératif et nous pourrons prendre nos propres décisions». La fin de la matinée a été consacrée à la présentation d'un projet de reconversion de la Sica Sécopulpe pour la production d'énergie de chauffage à partir de biomasse, miscanthus notamment. Dans son intervention, le nouveau président de la CGB, Éric Laine, n’a pas voulu s'étendre sur la réforme sucrière , «là n’est pas le sujet», mais a prêté une oreille attentive aux difficultés des planteurs du Centre-Est. «Je mesure l’amertume de tous et l’attachement viscéral que vous avez à cette culture». La CGB apportera une enveloppe complémentaire de 1,10 euro par tonne de betterave sèche aux 2,75 euros de compensation supplémentaire accordés par Cristal-Union. «Une goutte d’eau» reconnaît le responsable national mais qui veut saluer la fidélité des planteurs à leur syndicat national. Un syndicat qui n’a pas pu dévier le cours des événements. «Aujourd’hui, défendez-nous sur le matériel», lance un agriculteur. Tout n'a pas été dit. Amertume et rancœur mettront du temps à s’effacer. À l’heure qu’il est, tous les regards se tournent vers la réussite du plan de réindustrialisation du site d’Aiserey et de l’ensemble du bassin betteravier. Huit à dix projets devraient être déposés avant le mois de septembre pour prétendre à une aide européenne. L’enveloppe accordée à la France dans ce cadre est de 60 millions d’euros.
Matériel
Pour le matériel betteravier, Bruno Labilloy propose de faire un recensement et d’utiliser le réseau du groupe Cristal Union pour mettre en relations acheteurs et vendeurs.
n Taxe professionnelle
Gérard Tremoulet, maire d’Aiserey, fait part de ses inquiétudes devant la taxe professionnelle réduite de moitié du fait du statut coopératif de Cristal Union : «Nous avons été mis devant le fait accompli». Cela représente un trou de 50 000 euros dans le budget de cette petite commune de 1 500 habitants pour qui la sucrerie et Sécopulpe représentaient 80% des revenus.
Sica Sécopulpe
Quant à la Sica Sécopulpe, Jean-Pierre Gachot faire part d’un projet d’une filière de granulés d’origine agricole pour alimenter les chaudières des particuliers ou des collectivités. Le comité de pilotage qui suit la reconversion de Sécopulpe revient d’un voyage d’étude en Autriche, un pays particulièrement avancé dans ce domaine. «Il faudra au moins trois ans pour mettre en place un marché pour ces nouvelles chaudières et parvenir à une pleine exploitation des plantations de miscanthus». Une culture qui démarrerait sur 1 000 hectares dans un rayon d’une trentaine de kilomètres autour de l’usine, qui s’adresserait aux adhérents et aux agriculteurs volontaires. D’autres plantes peuvent être envisagées : switchgrass (panic), chanvre, etc. Une activité d’agglomérer d’issus de céréales devrait se mettre en place cet été à Sécopulpe pour redémarrer rapidement l'activité. Une enquête est en cours concernant la luzerne, le maïs et autres déshydratés à destination de l’alimentation animale, signale Étienne Genet. Le site de l’usine d’Aiserey, propriété de Cristal Union, fait l’objet d’autres négociations qui n’ont pas été abordées lors de l’assemblée générale.
Pour le matériel betteravier, Bruno Labilloy propose de faire un recensement et d’utiliser le réseau du groupe Cristal Union pour mettre en relations acheteurs et vendeurs.
n Taxe professionnelle
Gérard Tremoulet, maire d’Aiserey, fait part de ses inquiétudes devant la taxe professionnelle réduite de moitié du fait du statut coopératif de Cristal Union : «Nous avons été mis devant le fait accompli». Cela représente un trou de 50 000 euros dans le budget de cette petite commune de 1 500 habitants pour qui la sucrerie et Sécopulpe représentaient 80% des revenus.
Sica Sécopulpe
Quant à la Sica Sécopulpe, Jean-Pierre Gachot faire part d’un projet d’une filière de granulés d’origine agricole pour alimenter les chaudières des particuliers ou des collectivités. Le comité de pilotage qui suit la reconversion de Sécopulpe revient d’un voyage d’étude en Autriche, un pays particulièrement avancé dans ce domaine. «Il faudra au moins trois ans pour mettre en place un marché pour ces nouvelles chaudières et parvenir à une pleine exploitation des plantations de miscanthus». Une culture qui démarrerait sur 1 000 hectares dans un rayon d’une trentaine de kilomètres autour de l’usine, qui s’adresserait aux adhérents et aux agriculteurs volontaires. D’autres plantes peuvent être envisagées : switchgrass (panic), chanvre, etc. Une activité d’agglomérer d’issus de céréales devrait se mettre en place cet été à Sécopulpe pour redémarrer rapidement l'activité. Une enquête est en cours concernant la luzerne, le maïs et autres déshydratés à destination de l’alimentation animale, signale Étienne Genet. Le site de l’usine d’Aiserey, propriété de Cristal Union, fait l’objet d’autres négociations qui n’ont pas été abordées lors de l’assemblée générale.
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