Le Jura Agricole et Rural
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Des rendements corrects, sans plus
Récoltes maïs Rhône-Alpes et Franche-Comté
Jura agricole et rural
Publié le:  04 décembre 2008
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L’essentiel des récoltes est désormais engrangé

L’année 2008 restera dans la mémoire des producteurs pour les difficultés de récolte dues aux conditions climatiques exécrables de l’automne. Aujourd’hui, début décembre, l’essentiel des récoltes est engrangé.

A titre d’exemple, il resterait moins de 10 % des surfaces maïs à récolter pour le département de l’Ain. Les rendements moyens devraient se situer au-delà de 95 q/ha, en baisse de quelques quintaux par rapport à 2007.

Quelques grandes tendances se dégagent des premiers résultats.

De nombreuses situations ont souffert de la pluviométrie printanière. Notamment les sols hydromorphes sur lesquels les semis ont été effectués sur un sol ressuyé en surface mais trop frais en profondeur. Les conséquences de ces implantations ont été d’autant plus pénalisantes que la pluie est revenue rapidement après le semis.

Les contextes de sols lourds, mal dégrossis par un hiver doux, dans lesquels le maïs a eu du mal à s’enraciner ont aussi subi les effets des pluies printanières.

Dans toutes ces situations, les maïs ont eu du mal à développer un appareil végétatif suffisant. Excès d’eau et mauvaise nutrition azotée ont été la conséquence de cette hydromorphie, expliquant un état végétatif médiocre. On annonce des manques à gagner de 10 à 20 q, voire plus, sur des parcelles ayant cette configuration.

L’helminthosporiose sur feuilles continue à progresser à partir des foyers identifiés en 2007 et les années précédentes, aussi bien en fond de vallée que sur les plaines irriguées. D’une façon générale, dans notre région, l’impact de cette maladie a été faible, compte tenu de son arrivée tardive.

Il importe d’être vigilant par rapport à cette maladie : bonne gestion des résidus de récolte – broyage fin et incorporation- et choix variétal constituent les deux leviers accessibles facilement pour limiter les risques. Comme en 2007, la pluviométrie estivale est responsable du développement de l’helminthosporiose.

La pyrale a été présente en 2008 selon le même profil qu’en 2007. Le vol d’adultes de la première génération a été très étalé, décalant d’autant la seconde génération pour les secteurs géographiques qui y sont soumis. En conséquence, l’impact de la pyrale sur les épis et le développement de fusarium moniliforme a été limité.

Les conditions fraîches des quinze derniers jours de septembre et de début octobre ont aussi fortement perturbé les plantes.

Ces conditions météorologiques ont affecté la majorité des sols limoneux où les semis n’ont guère débuté avant les premiers jours de mai. En fin de phase de remplissage, ces maïs, non touchés par le gel du 3 octobre, ont tout de même desséché totalement, bien avant d’atteindre la maturité physiologique du grain. Ces maïs sont restés très humides, bien au-delà de 32 % entraînant une augmentation du niveau moyen d’humidité de la récolte 2008.

On peut avancer l’explication suivante : avec une fécondation généralement très correcte, le nombre de grains élevé, conséquence des bonnes fécondations, a entraîné une forte demande d’assimilats. Les températures fraîches des mois d’août et de septembre ont provoqué un ralentissement de la photosynthèse alors que la demande en sucres était forte.

Le transfert des réserves de la tige vers le grain s’est traduit par une vidange précoce des feuilles et des tiges entraînant un dessèchement prématuré des plantes alors que la maturité physiologique des grains n’était pas atteinte. On a alors constaté un blocage de l’humidité du grain au-delà de 32 % sans évolution notable au fil du temps. Ces maïs ont souvent eu un poids de mille grains en retrait de 10 à 15 % entraînant une perte de rendement du même ordre.

A l’opposé, dans les sols de graviers, les sols filtrants en général, semés en grande majorité courant avril, le grain a suivi une dessiccation presque normale, en relation avec les cumuls de température.

Au final, en 2008, les rendements du maïs sont inférieurs aux bons rendements de 2007. Les résultats corrects en moyenne masquent une grande diversité de situation allant de résultats décevants à de bonnes surprises. La pluviométrie estivale a favorisé la fécondation et donc la production de grain compensant ainsi une implantation pas toujours optimale.




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