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Congrès national des Safer
Jura agricole et rural
Publié le:  18 décembre 2008
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André Thévenot, président de la FNSafer

Depuis leur création en 1960, les Safer ont largement pris en compte la politique d’installation en y intégrant spécificités et contraintes. Elles souhaiteraient désormais développer leur action en milieu rural en adéquation avec les politiques en place.

A Lille, « les installations agricoles et rurales » étaient au centre des débats du congrès national de la FNSafer des 25 et 26 novembre.
 
Devant plus de 420 délégués, la fédération y a rappelé qu’« une véritable politique d’installation n’avait rien de naturel, mais qu’elle devait être au contraire volontariste ». Et ceci d’autant plus que sur le million d’hectares qui change de mains tous les ans en France, seule la moitié va à l’installation et 10 % quitte définitivement l’agriculture.

« Ces chiffres méritent réflexion », soulignait André Thévenot, président de la FNSafer. « On peut infléchir le mouvement, même si le contexte est difficile », poursuit-il. Les jeunes agriculteurs, plus nombreux à vouloir s’installer qu’à trouver des opportunités, connaîtront encore des contraintes supplémentaires. « Des banquiers montrent de plus en plus de frilosité à financer des productions sinistrées comme l’élevage ovin ou bovin et demandent un niveau d’autofinancement de 50 % à l’installation », explique André Thévenot.

« 41 % de notre activité va à l’installation pour 56 % des surfaces rétrocédées », précise de son côté André Barbaroux, directeur de la FNSafer, en poursuivant : « nous installons des agriculteurs mais nous facilitons aussi les installations rurales depuis la loi du 9 juillet 1999 qui a étendu notre champ d’intervention. Nous intervenons dans tout ce qui touche au bâti, et nous pouvons nous occuper d’installer des ruraux dans une auberge, une maison de retraite ou de vacances. C’est dans nos attributions ».

Expertise
De son côté, André Thévenot insiste sur l’expertise des Safer et de leurs comités techniques implantés au cœur des territoires depuis 48 ans. Si leurs actions ont été parfois un peu trop rigides dans leurs positions héritées de la politique des structures de 1962, « elles ont été mises à mal par le législateur ces dernières années », rappelle-t-il. « Des évolutions libérales souvent cautionnées par la profession ». Pour les agriculteurs, les possibilités d’agrandissement sont en effet plus faciles : « pour éviter les contraintes, chacun sait qu’il suffit de se transformer en sociétés par actions. La Champagne est l’exemple type », rappelle-t-il.

Ce sont des évolutions qui ont pourtant leurs limites. André Thévenot ne croit pas à la performance qui jaillit de l’agrandissement ! « Car parier sur les hommes, c’est souvent aussi dégager beaucoup plus de valeur ajoutée ». Légiférer une nouvelle fois ? Il en doute fort. Dans une région fortement urbanisée comme le Nord-Pas-de-Calais, le congrès ne pouvait pas ne pas aborder « cette concurrence plus forte qu’ailleurs entre utilisateurs du foncier ».

En France, 60 000 ha/an sont soustraits de l’agriculture. Un chiffre que même le Président de la République voudrait bien voir baisser ! La FNSEA incite de son côté les maires de France à signer la charte d’intention pour faire baisser ce chiffre de moitié d’ici 2015.

Reste que « l’espace doit être géré d’une manière non segmentée. Et à chaque nouveau projet d’aménagement, point besoin de créer un nouvel opérateur ! ». Les Safer ont ainsi vu d’un mauvais œil la création d’Etablissements publics fonciers. Fonctionnant via une taxe additionnelle allant d’1E à 20 E/habitant, ils disposent de moyens importants et entrent parfois en concurrence avec les Safer. « Les EPF ont sûrement leurs rôles à jouer dans le développement de la ville, mais ils ne doivent pas déstabiliser le développement des zones agricoles », explique-t-on à la FNSafer. En Nord-Pas-de-Calais, la Safer a passé une convention de partenariat et « joue la complémentarité des deux structures en terme d’aménagement », précise Michel Compiègne son président.

A l’avenir, les deux structures devraient encore mieux collaborer entre elles.




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