Au mois de septembre 2008, l’abattoir de Mâcon a fermé ses portes. C’était pourtant un outil capable autrefois d’abattre plus de 10 000 tonnes de porcs par an. Mais, faute d’investissements suffisants, l’équipement s’est dégradé, les tonnages sont partis ailleurs et le dépôt de bilan s’est imposé. En quelques années, le nombre des abattoirs n’a cessé de diminuer.
De plus, selon une enquête de la DGAL (Direction générale de l’alimentation) de 2007, plus de 40 % des abattoirs français ne répondent pas aux normes d’hygiène européennes. En région Rhône-Alpes, leur nombre est passé de 35 établissements en 2 000 à 28 en 2009.
Et encore, parmi les rescapés, certains sont menacés. Si d’ici le 31 décembre 2010, ils ne sont pas en mesure de respecter les normes sanitaires européennes contenues dans le paquet hygiène, ils seront fermés. Le paquet hygiène est entré en application au 1er janvier 2006 et prévoit de ne reconnaître que l’agrément communautaire. Deux dates ont été prévues pour permettre aux abattoirs de satisfaire aux nouvelles exigences européennes.
Ainsi, au 1er janvier 2008, plus aucun abattoir agréé CE ne devait être en classe IV, c’est-à-dire présentant des défauts graves de non-conformité sanitaire. Fin 2010, ce sera la fermeture de tous les abattoirs locaux et régionaux qui ne sont pas conformes aux règlements sanitaires et tous les abattoirs seront soit agréés CE, soit fermés. Au 1er janvier 2011, ne seront autorisés à abattre sur le territoire français que les établissements de classe I, c’est-à-dire les établissements respectant toutes les dispositions sanitaires, et les classes II, « les établissements convenables qui ne présentent que quelques points de nonconformité ».
Trop de retard
« Trop d’abattoirs de trop petite taille et, pour beaucoup, en retard d’investissements ». C’est le constat sévère que dressent ceux qui connaissent bien les outils d’abattage en Rhône-Alpes. L’administration, à la demande du ministère et de la Direction générale de l’alimentation, travaille avec la profession et les élus à la mise à plat des équipements existants et mesurent leur capacité à passer le cap de fin 2010.
L’exercice est compliqué et appelle au mariage des contraires. Il faut, en effet, s’assurer d’un maillage territorial suffisant qui, parfois, s’oppose à la logique économique froide. Laquelle plaide pour la concentration des tonnages autour d’un outil performant, drainant les productions animales d’un bassin de production.
Sans doute, la future carte des abattoirs durable sera-t-elle un compromis entre ces deux exigences. La logique économique ne s’impose pas d’elle-même. La fermeture d’un abattoir suscite toujours d’interminables discussions et souvent les élus locaux, au nom de la défense de leur territoire, interviennent dans le débat sans toujours le simplifier…
Cette dimension politique est pourtant incontournable. Très souvent, les abattoirs restent adossés à des collectivités locales sans lesquelles ils n’atteindraient pas l’équilibre économique. Cette réalité donne aux élus au moins le droit à la parole…
Le soutien des collectivités
Le coût des soutiens publics aux abattoirs interroge d’ailleurs les municipalités sur leur vocation à intervenir dans des outils industriels destinés à un secteur économique supposé rentable. Ainsi, la ville de Bourg-en-Bresse a cédé son abattoir municipal, en décembre 2007, aux acteurs de la filière bovine locale.
En décembre 2008, la ville de Saint-Étienne a traité en conseil municipal la question de la vente de l’abattoir qu’elle détient à La Talaudière et dans lequel il faut investir cinq millions d’euros pour sa mise aux normes européennes. Chambéry a rénové, à minima, son abattoir dans l’attente d’en construire un nouveau.
Il faut trouver 5,4 millions d’euros. Déjà, le conseil général de Savoie, présidé par Hervé Gaymard ancien ministre de l’agriculture, a délibéré favorablement sur sa participation à hauteur de 3,25 millions d’euros.
Chambéry Métropole assurerait le financement complémentaire à la construction de cet outil. La Haute-Savoie, projette un abattoir départemental de proximité.
Valence a modernisé le sien pour un coût de 4 millions d’euros en s’assurant la participation financière d’un groupe industriel et distributeur de viande du Sud-Est de la France.
La pérennité de celui de Lyon Corbas est posée. Son activité est inférieure des deux tiers à la capacité de son équipement et son tonnage traité, entre 2003 et 2008, a fondu de 35 % ! À l’évidence, la question de son avenir est posée.
L’abattoir mobile
On le voit, pour un grand nombre d’abattoirs, la course à leur survie est engagée.
Fin 2010, la nouvelle carte des outils d’abattage sera connue et, d’ici là, plusieurs établissements s’ajouteront à la liste des disparus. Il faudra alors mesurer la capacité des productions locales à être abattues dans un périmètre géographique pertinent.
À l'heure du développement durable et de la recherche des économies de transport, il ne serait pas cohérent de transporter des animaux vivants sur de trop longues distances. À moins que l’idée développée en Autriche, de faire circuler dans les campagnes des abattoirs mobiles, ne réponde à la question du service accessible à tous les éleveurs, sans distinction de leur ancrage territorial.
La FRSEA Franche-Comté ainsi que 11 autres régions ont manifesté à Paris le 27 avril pour défendre les grandes cultures. Parmi les revendications suivantes, laquelle vous semble la plus importante :
- 06 mars - 26 septembre 2010
Exposition à l'Écomusée



