Pour clore la matinée, Joseph Parrenin, Claude Vermot-Desroches, Christophe Jacquin et Dominique Chalumeaux ont donné leur vision de cette problématique. Un plus selon certains qui y sont déjà engagés. Un point à travailler pour d’autres comme le CIGC.
Pour clore la matinée, un temps d’échange a été offert à divers partenaires pour qu’ils éclairent l’assistance sur les enjeux des circuits courts.
Joseph Parrenin, hôte du jour, ouvre le bal. « L’organisation des filières, donc les relations entre les producteurs et les consommateurs ne doit pas inciter les uns et les autres à faire l’impasse sur la distribution », introduit le vice-président de la région.
« Parce que la mise en place de circuits courts n’est pas une remise en cause de ce qui a été fait ; c’est un plus pour répondre mieux aux attentes des Francs-Comtois. C’est un plus en terme d’image.
Pas que pour nous mais aussi pour ceux qui fréquentent l’été notre région. » Ce qui pourra prochainement passer par une signature régionale pour ceux qui le souhaiterait.
Il ne reste plus qu’à en définir le cahier des charges. En pensant à tout ce qui en sera induit. « Prenons l’exemple du chocolat. Nous en avons du très bon. Mais on pourra difficilement exiger que les fèves de cacao soient produites en Haute-Saône. »
Claude Vermot-Desroches prend la main : « Question circuits régionaux, nous sommes en carence pour répondre à des appels d’offres », regrette le président du CIGC. « Alors que nous savons le faire pour des appels d’offre nationaux. Nous ne sommes pas organisés pour les petites quantités même si nous pratiquons la vente directe dans quasiment chacune de nos fruitières. » Qui a elles seules écoulent 2 000 tonnes de comté, soit ce qui part à l’export vers l’Allemagne.
Pour ces dernières, Claude Vermot-Desroches y trouve quelques avantages complémentaires : « C’est de l’emploi local, elles animent nos villages. Et au-delà, grâce aux autres produits régionaux, elles communiquent sur le tourisme local. » Et permettent aux visiteurs de redécouvrir « sans tabou » la façon dont on travaille.
« Le train est en marche »
Si le comté peine à travailler au niveau local, ce n’est pas le cas chez Franche-Comté élevage (FCE). « Le porc est le secteur où nous nous développons le plus », annonce Christophe Jacquin, le président. « Nous accompagnons les salaisonniers régionaux qui représentent pour nous un marché de niche. En tout cas, c’est là où se réalise la plus value régionale. Comme quoi, l’IGP, c’est aussi de la filière courte. » Pour autant, FCE ne s’arc-boute pas uniquement sur ce marché. « Nous travaillons aussi avec la grande distribution. » Il reste encore en suspens la question des abattoirs.
« Mais ce n’est pas là que nous pouvons faire de l’argent. » Il reste que de telles structures sont incontournables. Pour le faire tourner, il faut donc le saturer.
D’autres outils sont plus modestes et concernent les agriculteurs, des productions personnelles, des bouchers engagés dans une niche. « En tout cas, nous, nous n’irons pas à la conquête du marché de masse. »
Dominique Chalumeaux intervient par la suite. « Les circuits courts ne sont pas une simple diversification ; c’est un vrai métier », revendique le président de la chambre d’agriculture du Jura. « Ce n’est pas simple même si c’est très valorisant. » Car l’enjeu est sociétal. « C’est partir à la reconquête de l’opinion publique. » Le train est en marche.
« Nous l’avons par l’engouement qu’a suscité le dernier Salon. Nous devons répondre à cette demande.
Relocalisation
Toute cette réflexion sur les circuits courts ne peut faire l’impasse sur le développement durable. « Un terme parfois galvaudé », reconnaît Éric Durand, conseiller régional en charge de l’Agenda 21.
« Si la couverture des AOC a permis d’échapper à l’industrialisation et a garanti un revenu correct aux agriculteurs nous arrivons malgré tout à un point critique : il faut nourrir les hommes sans mettre en péril la terre sur laquelle nous vivons. »
Ceci peut passer par la limitation du transport des marchandises, la limitation des intermédiaires, la création d’emplois non-délocalisables, l’aide à la création de lieux de vente directe, l’autonomie protéique, la mise en réseau des fournisseurs des producteurs régionaux, le refus des OGM, la contribution à la restructuration ou la création d’outils de transformation…
Autant de points vus d’un bon œil par la collectivité territoriale.
La FRSEA Franche-Comté ainsi que 11 autres régions ont manifesté à Paris le 27 avril pour défendre les grandes cultures. Parmi les revendications suivantes, laquelle vous semble la plus importante :
- 06 mars - 26 septembre 2010
Exposition à l'Écomusée



